FOCUS sur ...

Cancer et radiodermites : le LASER au secours du décolleté des femmes

De plus en plus de patientes sont atteintes d’un cancer du sein. Parmi celles-ci, une proportion  importante (environ 80%) est traitée par radiothérapie.

La radiothérapie, avec l’ensemble des autres traitements proposés par nos confrères oncologues, a permis une amélioration spectaculaire du pronostic (presque 90%).

Parmi ces patientes, jusqu’à 30% présenteront une radiodermite chronique, cinq à dix années après leurs traitements.

Paradoxalement, l’amélioration du pronostic conduit, du fait de la survie prolongée des patientes, à une augmentation de l’incidence des radiodermites chroniques, car celles-ci n’apparaissent habituellement que plusieurs années après la radiothérapie initiale.

Cette affection de la peau se manifeste par de nombreuses télangiectasies (vaisseaux rouges dilatés), d’autant plus visibles qu’elles sont regroupées en placards de forme géométrique, souvent rectangulaires, reproduisant la zone irradiée. La topographie est le plus souvent pré-sternale.

On observe également des dyschromies (anomalies de distribution du pigment, responsables de zones dépigmentées, blanches, siégeant au contact de taches brunes), atrophie cutanée (peau très fine et fragile), et possiblement une fibrose sous-cutanée (induration d’aspect cireux de la peau).

Cette affection a comme principale conséquence une véritable réduction de la qualité de vie des femmes qui ont survécu à leur cancer.

Elles ressentent une gêne esthétique importante, malgré une reconstruction mammaire réussie, car visible au niveau du décolleté.

Tous les matins, la vue de ces placards géométriques, dans leur miroir, ne peut que leur rappeler leur combat, victorieux, certes, contre le cancer, mais s’oppose au « droit à l’oubli », un droit auquel nous (mondes médical, politique, et sociétal), donnons enfin l’importance qu’il mérite.

Un traitement par laser, a fait la preuve d’une grande efficacité et d’une excellente tolérance dans la prise en charge de cette maladie, et permet d’améliorer grandement la qualité de vie des femmes atteintes.

=> Dans une étude clinique de l’équipe de M. Haedersdal, (Copenhague) les patients décrivent une satisfaction moyenne après 3 séances de laser de plus de 8 sur une échelle de 10.

=> Une autre étude (JM. Mazer et collaborateurs, France), réalisée chez 110 femmes, et présentée au Congrès mondial de dermatologie de Paris avait mis en évidence une excellente efficacité et une absence de risques après une moyenne de 3 séances (cf. iconographie annexe 1).

 

Les groupes de dermatologues laséristes européens et français (European Society of Laser Dermatology : ESLD et le Groupe Laser de la Société Française de Dermatologie) sont convaincus que ce traitement devrait être proposé aux femmes atteintes par cette maladie cutanée chronique, inhérente à la cure de leur cancer.

Malheureusement, nombres de femmes candidates à ce traitement ne se le voient pas proposer, le plus souvent par ignorance des possibilités thérapeutiques.

Pour cette raison l’ESLD a lancé une campagne publique depuis Juin 2016 en Europe, relayée en France par le Groupe Laser.

Cette campagne prendra fin le 27 septembre 2017 lors du congrès de l’EADV à Genève (European Academy of Dermatology and Venereology )

Le but de cette campagne est de sensibiliser le public et l’ensemble du corps médical autour de la radiodermite chronique du sein, et particulièrement la possibilité d’un traitement efficace par laser.

septembre 2017